Les principaux projets du LangSÉ pour les 3 ans à venir

Projet 1 : Colloque international en hommage au linguiste Yves Dejean

Le LangSÉ planifie d’organiser un colloque international en créolistique que nous dédierons au linguiste haïtien Yves Dejean qui a travaillé sur la grammatisation du CH. Ici la grammatistion doit ici être entendue au sens de 20150630_100643Sylvain Auroux (1994), à savoir ce « ce processus qui a conduit à décrire et à outiller une langue sur la base de deux technologies, qui sont encore aujourd’hui les deux piliers de notre savoir métalinguistique : la grammaire et le dictionnaire ».

Projet 2 : Workshop sur les créoles en partenariat avec le GDRI – SEEPiCLa

Le LangSÉ organisera à Port-au-Prince, en 2017 ou 2019, en partenariat avec le GDRI – SEEPiCLa (Structure, émergence et évolution des pidgins et des créoles) un workshop sur les créoles. (http://www.pidgins-creoles.cnrs.fr/)

Projet 3 : Élaboration d’un dictionnaire unilingue du créole haïtien dont le manuscrit doit être pour être soumis à un éditeur en 2018

Projet 4 : Elaboration d’une grammaire créole dont le manuscrit doit être prêt en 2018

Projet 5 : Elaboration d’un lexique juridique bilingue créole-français dont le manuscrit doit être prêt en 2018

Projet 6 : Préparation d’un dispositif d’enseignement/apprentissage du créole haïtien comme langue étrangère…

Projet 7 : Organisation des deuxièmes journées d’études du LangSÉ en juillet 2016

Cette année encore, le LangSÉ va organiser la deuxième édition de ses journées d’études sur l’étude et la description des créoles. Elles réuniront sur les deux jours des chercheurs travaillant sur les créoles en général et sur le créole haïtien en particulier. Cette année un accent particulier sera mis sur  la « fixation » de l’orthographe du créole haïtien. En effet, le MENFP et l’Académie du créole haïtien ont organisé durant toute l’année 2015 des ateliers de réflexion sur l’orthographe en vue de la réformer notamment sur le plan du fonctionnement d’éléments ayant à voir avec des spécificités morpho-phonologiques ayant à voir avec le phénomène du sandhi. Des propositions ont été faites mais, à date, aucun consensus n’a été trouvé là-dessus. En 2013, le MENFP avait organisé un atelier de travail de trois jours sur le même sujet, sous la direction du professeur Michel DeGraff. Les participants ne se sont pas entendus sur des formes de représentation proposées. Ces journées seront l’occasion de parvenir à des réflexions capables – nous l’espérons – de conduire à des propositions en vue de résoudre les problèmes observés dans la graphie du créole haïtien.

Projet 8 : Comparaison des créoles haïtien et jamaïcain

Renauld Govain conduit un projet dénommé « Le créole haïtien et le créole jamaïcain : Aspects morphosyntaxiques et phonologiques ». Le projet avait bénéficié d’un financement de départ par l’AUF qui a octroyé à son porteur une bourse de recherche qui lui a permis d’effectuer une première mission de 2 mois en Jamaïque en septembre – octobre 2015 au Campus de Mona de Kingston en Jamaïque.

Une première communication issue des données collectées d’enquêtes a été présentée aux premières Journées d’études du LangSÉ. Ayant pour titre « Analyse comparative du déterminant en créoles haïtien et jamaïcain», cette contribution sera publiée dans les actes de ces journées d’études. Ce projet débouchera sur la publication d’un livre (à côté de divers articles et chapitres d’ouvrages).

Une deuxième communication « Le créole haïtien comparé au créole jamaïcain : une analyse syntaxique, phonologique et lexico-sémantique à partir d’une approche analogique » issue de ces mêmes données a été acceptée et sera présentée au colloque « L’Espace caribéen, chaudron des Amériques : du déracinement et de la pensée de la « trace » au devenir historique et à ses représentations » organisé à Trinidad par le Department of Modern Languages and Linguistics de l’University of the West Indies (Campus Trinidad) et le Centre d’Études Littéraires et Linguistiques Francophones et Africaines de l’Université Bordeaux Montaigne (France) organisent, les 13-15 octobre 2016. Cette communication sous la forme d’un atelier est aussi liée au projet sur l’analogie des créoles français de la Caraïbe conduit par Rochambeau Lainy dans le cadre du fonctionnement du LangSÉ.

Projet 9 : L’Analogie dans le processus de lexicalisation et de sémantisation des faits de langue : Vers une approche comparative des créoles à base lexicale française (le créole haïtien, le créole guadeloupéen, le créole martiniquais et le créole guyanais

Ce projet bénéficie d’un financement par l’AUF dans le cadre d’un appel d’offre lancé en 2015. Il  propose une nouvelle approche dans l’étude des faits de langue dans le domaine de la créolistique. Il s’inscrit, de façon particulière, dans une perspective linguistique qui tient compte de l’apport de la cognition dans la désignation des faits et événements, et la construction du sens dans les créoles. Il se place à la croisée des chemins entre la linguistique et la psychologie cognitive, dans le but de mettre en valeur l’aspect non statique du sens linguistique résultant de la dimension dynamique de la pensée humaine.

La prise en compte de l’analogie dans le processus de lexicalisation et de sémantisation met en exergue la dimension orale  de ces langues. L’étude se veut une approche qui met en relief des faits transcendant les frontières de l’écrit. Il est aujourd’hui une nécessité d’élargir le champ d’études de la créolistique par le traitement des faits de langue absents de la littérature. Cela permet de voir le rôle combien important de l’analogie dans la réduction du déséquilibre entre les formes de la langue et la réalité qu’elles désignent.

Ce projet se justifie donc par le souci de tenir compte de toutes les productions langagières, en partant de ce qui est formel et abstrait, pour envisager l’étude des faits vivants et dynamiques de la pensée que le langage structure et héberge dans les circonstances les plus simples et dérisoires de la vie. Des faits divers, vivants et épars de la langue sont mis en exergue au sens où ils sont, au même titre  que des formes dites rares et profondes, des moyens d’organisation structurale de cette forme de pensée naturelle de l’être humain. L’analogie est choisie comme objet d’étude, parce qu’elle est ce phénomène omniprésent de la vie humaine par lequel les mots  sont créés et les sens sont produits (les connaissances). Le projet se propose d’étudier les implications de ce procédé dans la désignation et la production du sens dans les créoles à base lexicale française, parce qu’elle semble constituer une vraie mine qui alimente ces langues, au niveau de la forme et  de l’architecture.

Par ailleurs, le LangSÉ se propose de construire une page web pour une meilleure visibilité mais aussi pour nous offrir une reconnaissance dans le monde scientifique

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